Flashé en plein vol

En 2014, on détecte un cancer du sein chez mon épouse. Nos choix vont s’avérer mortels. Nous décidons d’affronter seuls la maladie et de ne pas la faire exister dans le regard des autres. Nous nous disons que nous communiquerons plus tard, au passé, quand la maladie aura été vaincue. Après tout, le cancer du sein se soigne bien de nos jours.

Je place ma confiance dans notre alliance fondée sur une culture humaniste, je force une attitude positive forgée d’une forte volonté. Nous faisons appel aux meilleurs praticiens, aux dernières techniques…

Notre espérance était aussi fournie par des « praticiens » que consultait mon épouse : voyants, guérisseurs, sorciers, coupeuses de feu, numérologues, médecins alternatifs. Assuré de ces forces cumulées, j’étais convaincu de vaincre l’épreuve.

Que d’erreurs !

En réalité, j’avais mis ma confiance dans quelque chose que je pouvais perdre : l’alliance avec mon épouse. Alors qu’il est si simple de se confier dans ce que personne ne peut retrancher : l’alliance avec Dieu.

Pourquoi cet orgueil de croire que nous allions vaincre avec des moyens humains, financiers et une organisation ? Alors qu’il est évident que Dieu est tellement plus puissant. Pourquoi être aveuglé par cet occultisme sans vérifier pour qui « ils » travaillent ? Certes, ils se référaient tous à Dieu, ce qui nous rassurait, mais de qui parlaient-ils ?

Au secours !

Été 2016, la situation prend une tournure dramatique. Je parle trop rarement à Dieu et je dois trouver un interprète. L’évidence s’impose : j’appelle ma sœur et l’informe de notre situation. Avec son mari, ils forment un couple chrétien solide, même si nous n’étions guère en relation depuis mon mariage. J’ai une confiance absolue dans leur bienveillance. Ils vont nous donner, le jour et la nuit de l’amour, de la compassion et des solutions. Ces problèmes de santé ne sont- ils pas un petit problème pour Dieu ?

Dans la cafétéria de la clinique, à l’écoute de mon récit sur les moyens occultes que nous avions choisis, mon beau-frère me cite cette parole de la Bible: « Qu’on ne trouve chez toi personne qui ne fasse passer son fils ou sa fille par le feu, qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien. »

Le voile se déchire.

Immédiatement, je réalise que nous avions tourné le dos à Dieu, en faisant des choses qu’il interdit. Je fais le constat de l’impuissance et du mensonge de mes croyances. Effaré par ces mauvais choix qui nous ont engagés dans un chemin de mort, je comprends que nous avons donné des droits au diable, l’ennemi de nos âmes.

Une deuxième parole donnée perce alors mon esprit. C’est une parole de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi ». Dans cette clinique, tout devient alors clair et lumineux et je décide de donner ma vie à Jésus.

À partir de ce moment, le combat a été mené dans la prière, avec la lecture de la Bible, des chants, la consécration de la chambre d’hôpital.

Racheter le temps.

J’ai la foi dans un miracle : après tout rien n’est impossible à Dieu ! Dans la Bible, les témoignages de guérison sont très encourageants. En parallèle, j’évacue les traces d’occultisme de notre périmètre privé (maison, voiture). Je jette à la poubelle tous les objets liés à l’occultisme et coupe au nom de Jésus-Christ les liens spirituels qui m’y rattachaient. Le combat pour la vie est mené avec ma sœur et mon beau-frère, mais aussi avec d’autres chrétiens que je ne connaissais pas.

De toutes mes forces, je communique ma nouvelle compréhension des choses à mon épouse. Consciemment, elle confie à son tour sa vie à Jésus. Ma sœur reçoit alors un songe qui confirme le salut de mon épouse et sa destinée céleste. Je la reverrai donc bientôt. La gloire de Dieu est ainsi manifestée.

Une semaine après avoir donné ma vie à Jésus, je ferme les grands yeux bleus de mon épouse. En ce soir d’été 2016, j’ai pardonné à l’ensemble des acteurs occultes et récité un « Notre Père », la seule prière que je connaissais. Tout a été synchronisé, c’est surnaturel.

Ce que j’ai compris.

L’orgueil est une forme d’idolâtrie, tout comme l’occultisme. Quand on idolâtre son épouse, ou son couple, il n’y a pas de place pour Dieu. J’ai réalisé que nous avions fait confiance au diable, que la Bible nomme le menteur au lieu d’ouvrir la Bible et de rechercher le contact de chrétiens. J’ai aussi saisi l’importance de bénéficier de l’amour de l’entourage, au lieu d’être enfermé dans un vase clos et de subir le désespoir.

Le deuil en face.

À 53 ans, je veille à traverser cette étape sans passer à côté du deuil nécessaire. Le vide créé par le départ de ma femme déséquilibre mon âme, y compris mon espace-temps. Je découvre un lot de nouvelles émotions peu contrôlables. Je verse tellement de larmes, sans savoir qu’il était possible d’en avoir autant. Cependant, je note dans un carnet les étranges bulles de bonheur offertes par Dieu tout au long de cette traversée de la vallée de l’ombre de la mort. Je veux être attentif et me souvenir du soutien de Dieu permanent à chaque étape du deuil. Je n’hésite plus à lui parler plusieurs fois par jour, comme un enfant qui parle à son Père. Je lui partage mes joies et mes peines. Je lui pose des questions et il soulage ma douleur, couche après couche. Si cette épreuve est la plus grande de ma vie, je sais que ce n’est qu’un des entraînements pour une vie sans fin avec lui, bien plus riche. Je ne reconnais plus l’homme que j’étais, mais mon nouveau moi cherche à marcher dans les pas du Christ. C’est là ma joie, mon présent et mon futur !

Olivier

Pour aller plus loin: Deutéronome 18.10 ; Jean 14.6